Villebois-Lavalette porte en elle deux noms qui racontent deux histoires rivales.
Au départ, il y a une villa romaine. Quelque part au bord de la voie qui reliait Saintes à Périgueux, une propriété foncière s'appelait Villa Bovis, « du bœuf ». Le nom s'est déformé au fil des siècles: Villa Boé, puis, par une ruse de la phonétique, il s'est confondu avec le mot « bois ». Villebois était né d'une homophonie, d'une méprise sonore qui a figé un nom romain en français médiéval.
Mais en 1622, un homme puissant en a décidé autrement. Jean-Louis de Nogaret de La Valette, duc d'Épernon, gouverneur de l'Angoumois, a acheté le château local. À ce moment, il obtient son érection en duché-pairie et impose son propre nom: La Valette, tiré d'un fief familial qu'il possédait au nord-est de Toulouse. Un acte de prestige aristocratique, l'effacement d'une identité pour en imposer une autre.
La Révolution crée la commune sous ce nom princier. Puis, au cours du XIXe siècle, le temps érode les certitudes. En 1861, on cesse de choisir. La commune devient Villebois-Lavalette, accouplant le nom romain oublié et le nom du duc, comme si elle acceptait enfin sa double généalogie. Un compromis que seule l'histoire peut inventer.