Le château de Vendeuvre porte sur sa façade avant une sobriété délibérée. Son architecte, Jacques-François Blondel, l'avait décidé ainsi: pas d'ornements inutiles qui détourneraient de ce qui compte vraiment, c'est-à-dire le confort intérieur. C'était la philosophie de l'époque, celle d'une maison de campagne du milieu du XVIIIe siècle.
Construit entre 1750 et 1752 pour Alexandre Le Forestier d'Osseville et son épouse Antoinette, le château remplace un vieux manoir seigneurial trop humide, adossé à la rivière Dives. Ils l'ont édifié à mi-pente, plus loin, pour fuir l'humidité. Pendant la Révolution, la famille s'est réfugiée à Rouen sans émigrer, ce qui a sauvé le château de la confiscation. Il a gardé intact son décor d'origine et la plupart de ses meubles.
À l'intérieur, chaque pièce raconte un moment de la vie aristocratique du siècle. La salle à manger parle de l'art de recevoir, la chambre d'honneur de la toilette, le bureau de l'écriture. On remarque particulièrement les boiseries du grand salon, un lustre à poissons rouges, et une voyeuse, ce siège où les élégantes s'agenouillaient pour regarder les jeux sans froisser leur robe à paniers. Une pièce d'eau derrière le château reflétait la lumière naturelle jusque sur les plafonds, ce qui éclairait les salons.
Endommagé pendant la Seconde Guerre mondiale, le château a été restauré. Depuis 1983, il abrite le musée du mobilier miniature, la première collection au monde de ce type, ainsi que des niches à chien et des automates qui animent chaque pièce. Si un jour vous faites halte entre Saint-Pierre-sur-Dives et Falaise, il se visite.