Valençay porte un nom qui vient de loin. En latin, Valentiacus signifiait la terre du fort, du robuste, et ce nom a traversé les siècles sous des graphies qui dansent: Valentiaco au douzième siècle, Valençay, Valencey, Valançay, Vallençay. Le bourg a gardé cette racine, mais c'est un homme qui a donné à Valençay son vrai poids: Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord.
En 1803, Talleyrand fit l'acquisition du château, une bâtisse reconstruite au seizième siècle puis agrandie aux dix-septième et dix-huitième siècles. Il y ajouta sa marque personnelle. Entre 1809 et 1813, il fit édifier le Rendez-vous de chasse de La Garenne, un pavillon conçu par l'architecte Jacques-Charles Bonnard dans un style rustique à l'italienne. Ce bâtiment mêlait l'élégance italienne à la simplicité campagnarde, avec sa grille en fer forgé et ses annexes qui respiraient l'art de vivre d'un homme d'influence.
Talleyrand envisageait son repos final dès avant sa mort. Il fit creuser une large crypte sous une chapelle qui avait autrefois servi de lieu de prière aux Filles de la Croix. Cette crypte devint sa sépulture, puis celle de ses descendants, jusqu'en 1952. Aujourd'hui, le sarcophage repose dans la chapelle Notre-Dame depuis 2010, et le tombeau se visite. Le château lui-même, labellisé Maison des Illustres, porte les traces de ces reconstructions successives: partiellement inscrit en 1992, classé pour certaines parties en 2011, inscrit pour d'autres en 2013. À Valençay, l'histoire s'épaissit couche après couche, et Talleyrand y a laissé plus qu'un château.