Vous entrez à Trémentines. Ce nom cache une histoire d'eau qui traverse les siècles.
La commune s'étend sur un double plateau, coupé en deux par la vallée de l'Èvre. Cette rivière n'a rien d'un cours d'eau tranquille : elle arrive ici gonflée par six ruisseaux, l'Éperonnière, la Génillière, Montbault, la Singère, la Beillardière et les Ogeries. Autrefois, toute cette puissance servait. L'Èvre alimentait les moulins de Picosson et de la Fôrétrie, des installations qui transformaient le grain en farine, le bois en planches. Le moulin n'était pas un bâtiment isolé : c'était le cœur économique du lieu, le point où convergaient paysans et marchands, où s'échangeaient les denrées et les nouvelles.
Aujourd'hui, l'eau continue son travail de sculpture. Elle traverse toujours ces dix kilomètres de territoire, arrosant les pentes granitiques des collines de l'Anjou. Les moulins ont disparu, mais la vallée qu'elle a creusée reste l'armature du paysage, le sillon qui structure le relief et le peuplement. Trémentines existe parce que cette rivière y coule.