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Lieux racontés

Tours

Ce que Vonadio raconte en passant à Tours.
Histoire

Tours

Tours tient son nom d'une cité romaine, Caesarodunum, capitale de la province de la IIIe Lyonnaise. Ce qui reste de cette époque, c'est l'emplacement de son amphithéâtre, l'un des plus grands de l'empire, dont le tracé s'est imprimé dans le plan des rues près de la cathédrale, comme une cicatrice urbaine.

Mais c'est saint Martin qui a fait de Tours un sanctuaire. Avec lui, puis Grégoire de Tours et Alcuin sous les Mérovingiens et les Carolingiens, la ville devient capitale spirituelle du royaume. Les Capétiens y frappent la monnaie locale, la livre tournois, qui devient la monnaie royale de toute la France. Tours entre alors dans l'histoire politique du pays.

Louis XI en fait le cœur de l'industrie de la soie. Les Valois en font leur capitale royale, attirant châteaux et art. La ville se reconstruit à partir de 1450: elle se remplit de maisons à pignons sur rue, en bois et torchis, avec des rez-de-chaussée en pierre abritant boutiques et ateliers, les étages réservés aux logis. Ces maisons, étroites et profondes, s'alignent le long des rues du Vieux-Tours, leurs caves voûtées plongeant sur deux ou trois niveaux sous la rue. Aucune maison en bois antérieure au XVe siècle ne subsiste, mais ce qui s'est construit alors a résisté. Le quartier conserve plus de treize cents de ces maisons, un ensemble significatif du paysage urbain médiéval.

Pendant les guerres de Religion, Tours devient refuge pour Henri III et Henri IV. En juin 1940, elle doit se replier à nouveau: la ville sera en partie détruite. Mais elle se relève, et ce qu'on voit aujourd'hui, c'est ce Vieux-Tours intact de la Renaissance, ses façades à colombages, ses hôtels particuliers, le fantôme de l'amphithéâtre tracé dans ses rues.

Patrimoine

Cathédrale Saint-Gatien de Tours

La cathédrale Saint-Gatien porte un nom qui trahit son ancienneté. Gatien, c'était le premier évêque de Tours, et on lui a dédié ce sanctuaire qui s'élève en plein cœur du Vieux-Tours. Mais ce qu'on voit aujourd'hui n'est pas l'œuvre d'un seul élan de construction.

Tout a commencé bien avant le Moyen Âge qu'on admire. Entre 337 et 371, un évêque nommé Lidoire a fait bâtir une première cathédrale, Saint-Maurice. Elle s'élevait à l'angle sud-ouest du castrum, le camp fortifié, et son orientation vers l'est obligeait les fidèles à emprunter un accès en baïonnette, une entrée qui zigzaguait, rare pour un édifice religieux. Cette configuration bizarre venait d'une contrainte: impossible de passer droit au travers des remparts tardo-antiques. En 561, le feu l'a détruite. L'évêque Grégoire de Tours l'a restaurée, et elle a été redédiée en 590.

Mais cet édifice-là aussi a disparu. Au cours du douzième siècle, on en a bâti une nouvelle. En 1166, elle a brûlé lors des guerres entre Louis VII et Henri II d'Angleterre. Ce qui subsiste aujourd'hui, c'est l'édifice qu'on a relevé après ce désastre, avec ses façades gothiques qui montent vers le ciel. La cathédrale a été classée monument historique en 1862, et elle reste le siège de l'archidiocèse de Tours.

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