Le château de Tanlay porte en lui trois histoires qui ne s'écrivent jamais à la même encre. D'abord celle de l'amiral de Coligny, qui s'y réfugia en 1568 pendant une trêve des guerres de Religion. Il était près du prince de Condé, retranché à Noyers. Les armées de Catherine de Médicis le traquaient. Il dut fuir le château pour échapper à la reine mère et à ses troupes.
Ensuite vint Michel Particelli d'Émery, un homme du pouvoir cette fois, surintendant des finances et proche de Mazarin. C'est lui qui transforma le domaine, lui donnant cette allure Renaissance qui le définit aujourd'hui. À la fin du dix-septième siècle, le château passa aux marquis de Tanlay, qui lui ont laissé son nom.
Bâtisse de pierre et d'histoire, le château n'est pas un musée figé. Tous les étés, le Centre d'art de l'Yonne y organise une grande exposition dans les communs, gardant le lieu vivant, comme si chaque génération y apportait quelque chose de neuf. C'est ce va-et-vient entre le passé qui s'y est réfugié et le présent qui y vit encore qui donne au château de Tanlay son poids.