Le château de Talcy porte en lui l'histoire d'une fortune florentine venue chercher sa place en France. En 1520, un banquier florentin du nom de Bernard Salviati, qui servait François Ier, obtient du roi l'autorisation de fortifier l'édifice qu'il venait d'acquérir. Il le reconstruit alors en château Renaissance, avec tour-porche, galerie couverte et aile est. Ces éléments défensifs, les créneaux et mâchicoulis qu'il y ajoute, sont surtout là pour afficher sa puissance: plus beaux que vraiment utiles.
Au fil des générations, le château change de mains et d'âme. Au XVIIIe siècle, sa cour d'honneur s'enrichit d'intérieurs entièrement rénovés. Puis arrivent les Stapfer, une famille protestante suisse alliée aux propriétaires du moment. Ils transforment une salle du rez-de-chaussée en chapelle et gravent dans le bois au-dessus de la cheminée: « Culte protestant évangélique ». Cette inscription est toujours là.
Albert Stapfer, qui naît en 1802, devient un homme de lettres. Il traduit le Faust de Goethe, publié avec des illustrations de Delacroix, et réalise des daguerréotypes du château dans les années 1840. Stendhal lui offre un exemplaire de la Chartreuse de Parme. Le château abrite encore l'uniforme de ministre suisse de Philipp Albert Stapfer, son aïeul, et les portraits de plusieurs pasteurs de la famille.
Depuis 1933, l'État en est propriétaire. Son jardin, réorganisé en 1996, s'est transformé en conservatoire des arbres fruitiers d'autrefois. Un colombier circulaire de la fin du XVe siècle, avec ses 1400 boulins, complète le domaine.