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Saintes

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Bienvenue

Saintes

Bienvenue à Saintes.

La Charente traverse cette ville en deux actes. D'abord, elle la porte. Au début, Saintes s'est bâtie sur la rive gauche du fleuve, et pendant des siècles elle a grandi là, capitale de la Saintonge, commandant toute la province jusqu'à la Révolution. Puis vient le tournant. En 1790, quand la France se redessine, Saintes reçoit le titre de préfecture du département. Mais douze ans plus tard, en 1810, La Rochelle la supplante. La ville bascule au rang de sous-préfecture, perd le pouvoir administratif majeur.

Sauf qu'elle ne s'arrête pas là. Au lieu de décliner, elle se réinvente. La Charente continue de couler, mais cette fois c'est le chemin de fer qui redonne à Saintes son poids. Dans le dernier tiers du dix-neuvième siècle, l'État la choisit comme siège du huitième arrondissement des chemins de fer. Les rails font ce que le fleuve avait cessé de faire: ils lui redonnent le statut de carrefour, de centre nerveux. Aujourd'hui, Saintes n'est plus la capitale de province, mais elle reste le deuxième centre urbain du département. L'eau l'a fondée, les rails l'ont sauvée.

Portrait

Saintes · Jules-Antoine Castagnary

Jules-Antoine Castagnary est né à Saintes le 11 avril 1830. C'est un homme qui a changé le regard qu'on portait sur la peinture moderne.

À l'époque où il commence sa carrière, la critique d'art française est rigide, attachée aux règles académiques. Castagnary, lui, collabore à des journaux importants, le Siècle notamment, et il devient l'ami et le défenseur de Gustave Courbet, dont les toiles scandalise les bien-pensants. C'est déjà un choix: prendre le parti d'un peintre que l'Académie rejette.

Mais son vrai moment arrive en 1874, lors de la première exposition impressionniste. Un critique rival, Louis Leroy, utilise le mot « impressionniste » pour railler les peintres. Castagnary aurait pu rejeter ce terme comme une insulte. Il fait l'inverse. Il le reprend dans son article paru au Siècle le 29 avril 1874, mais en le transformant en définition positive. Il écrit que ces peintres « rendent non le paysage, mais la sensation produite par le paysage ». C'est lui qui donne au mouvement impressionniste son vrai nom, et qui en explique l'essence en une seule phrase.

Après cela, il devient membre du Conseil d'État, puis directeur de l'École nationale supérieure des Beaux-Arts à partir d'octobre 1887. Quelques mois avant sa mort, en février 1888, il fait acheter par l'État un tableau d'Alfred Sisley. Jusqu'à son dernier souffle, il défend les peintres qu'il croit importants.

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