Vous êtes à Saint-Romain-de-Benet.
L'église du village porte les cicatrices de huit siècles d'incendies, de guerres et de remaniements. Construite au XIIe siècle, elle a brûlé à la fin du Moyen Âge, puis s'est lentement effondrée jusqu'à devenir dangereuse. Au XVIIe siècle, on l'a tant bien que mal relevée. La Révolution l'a saccagée. Tout le XIXe siècle s'est écoulé à la réparer: on a remplacé les voûtes du chœur, surélevé le clocher en 1830, plaqué une façade néo-romane en 1883. Chaque génération a laissé sa marque sur le bâtiment, comme un palimpseste de pierre.
Puis, en 1901, quelque chose de déconcertant s'est produit. L'ingénieur Charles Fernand Lasne a supervisé l'édification d'une file de coupoles en mortier de ciment, qu'il a délibérément laissées apparentes. Ces voûtes bombées donnent à l'édifice entier des allures orientales, comme si un minaret s'était égaré en Saintonge. Aucune ornementation, aucune fioriture: juste la géométrie brute de ces dômes qui contredisent le reste de la façade. L'église de Saint-Romain-de-Benet reste debout aujourd'hui, assemblage improbable de tous ces siècles, avec ses coupoles d'Orient qui surgissent du ciel de Charente-Maritime comme un anachronisme volontaire.
L'église Saint-Romain porte un nom qui trompe. On croirait une église médiévale classique, posée là depuis le XIIe siècle. En réalité, ce qu'on voit aujourd'hui est un patchwork de huit siècles de reconstructions, chacune laissant sa marque.
La première pierre remonte au XIIe siècle. Mais à la fin du Moyen Âge, un incendie ravage le sanctuaire. On le rebâtit tant bien que mal, à l'économie, si mal qu'au XVIIe siècle il menace de s'effondrer sur les fidèles. Il faut le remettre en état. Puis la Révolution le saccage. Le XIXe siècle devient un long chantier: on remplace les voûtes du chœur, on surhausse le clocher roman en 1830. La façade elle-même, qui semble romane, n'a été construite qu'en 1883, imitant un style qu'elle ne possède pas vraiment.
Mais l'élément qui frappe, c'est la file de coupoles. Elles ont été édifiées en 1901 sous la supervision de Charles Fernand Lasne, et contrairement à beaucoup d'édifices où on les dissimule, elles sont ici laissées apparentes. Elles dominent l'intérieur, visibles et incontournables, comme si le bâtiment avouait enfin son vrai visage: pas celui d'une église romane, mais celui d'une création de la Belle Époque. L'église a été classée au titre des monuments historiques en 1921.
À environ deux kilomètres d'ici, si vous faites halte dans le coin, elle se découvre.