Vous êtes à Saint-Herblain.
Au dix-septième siècle, les notables nantais achètent les terres par ici, non pour les cultiver, mais pour un titre. En France, posséder certaines terres seigneuriales donne accès à la noblesse, et Saint-Herblain, à l'écart mais proche de Nantes, offrait ce qu'il fallait: un domaine où construire sa maison de campagne, un statut à acquérir. La ville reste rurale pendant trois siècles. Puis, après 1960, tout bascule. En quelques années, les champs se couvrent de lotissements et d'immeubles. Saint-Herblain explose démographiquement, si vite que les routes, les écoles, l'eau ne suivent pas. C'est une ville champignon, sortie de terre sans racines. Mais au lieu de rester une banlieue étouffée, elle s'est donnée les moyens: développer ses propres emplois, attirer des entreprises, devenir un moteur économique pour toute l'agglomération nantaise. Aujourd'hui, c'est la deuxième commune de Nantes Métropole, et ses quartiers tentent encore de se relier entre eux, comme si la ville apprenait, pierre après pierre, à devenir elle-même.