Le château de Saint-Mesmin porte un nom qui n'est pas le sien. Il se dresse sur la commune de Saint-André-sur-Sèvre, mais il a gardé le nom de Saint-Mesmin, la bourgade vendéenne qui se tient à moins de deux kilomètres de là. C'est un détail qui raconte une histoire de frontière mal tracée, ou plutôt une histoire où le château a compté plus que la géographie administrative.
Depuis le XIVe siècle, il appartient à la famille de Montfaucon. Le 10 mai 1276, on voit surgir Jean de Montfaucon dans un acte, seigneur de Saint-Mesmin. À cette époque, le château est un fief mineur dans la mouvance de Vouvant et Mervent, deux forteresses bien plus puissantes. Pendant des siècles, il ne se passe presque rien ici.
Puis vient 1367. Le roi ordonne que tous les châteaux forts du royaume se mettent en état de siège, et que leurs seigneurs en paient le prix. Pierre de Montfaucon, alors maître des lieux, ne bouge pas. Il faut attendre 1372, quand Du Guesclin assiège Thouars et que les Anglais, qui tenaient la région, capitulent enfin. C'est à ce moment que Pierre entreprend d'importants travaux. Entre 1372 et 1375, il remanie le château, le fortifie, construit de nouveaux bâtiments. Il l'a remis en état pour soutenir un siège. Voilà le seul vrai fait d'armes de son histoire: non pas une bataille, mais des murs renforcés au moment où la guerre change de camp.
Le château a connu une longue dégradation avant d'être restauré à partir des années 1980. Si un jour vous faites halte dans le secteur, il se visite.