Guillaume X, duc d'Aquitaine, avait soutenu le mauvais pape. En 1136, pour se faire pardonner, il offrit à l'Église quelques-unes de ses terres. C'est ainsi que naquit l'abbaye Notre-Dame de Sablonceaux, un monastère augustin fondé sur cette réparation.
L'abbaye prospéra au Moyen Âge. Elle devint l'une de ces institutions qui structuraient la vie religieuse et économique de la région. Mais le régime de la commende, où les abbés n'étaient plus des moines mais des laïcs qui percevaient les revenus sans assurer le service spirituel, la fit décliner peu à peu.
La Révolution la saisit comme bien national. Vendue, elle fut longtemps abandonnée, partiellement démolie. Les pierres d'une abbaye, c'est ce qu'on détruit en premier quand personne n'en veut plus. Au début du XXe siècle, on la reconvertit en centre de santé, puis orphelinat, puis centre agricole, comme si on cherchait n'importe quel usage pour la maintenir debout.
C'est en 1962 que la restauration commença, patiente et continue. Le diocèse de La Rochelle et Saintes la racheta en 1986 et y installa une communauté religieuse nouvelle, la communauté du Chemin Neuf. L'abbaye revint à la vie spirituelle, non pas comme relique figée, mais comme lieu vivant.
Si un jour vous faites halte dans le coin, elle se découvre.