La Vallée des Singes est née d'une idée simple: laisser les primates circuler librement, sans cage ni barreau. Wim Mager, un Néerlandais qui avait déjà créé le premier parc à primates en semi-liberté du monde aux Pays-Bas, a ouvert ce parc à Romagne le 14 juillet 1998. Il avait attendu vingt-sept ans pour recommencer.
Le principe reste celui-là: environ quinze hectares, un bois central planté de chênes et de châtaigniers, et quinze îles vastement délimitées par des cours d'eau qui servent de barrières naturelles. Les singes ne s'enfuient pas, les canaux les tiennent à distance sans les enfermer. Le visiteur marche au milieu d'eux, le long de sentiers balisés.
Trente espèces vivent ici: du ouistiti pygmée au gorille, en passant par le mandrill, les lémuriens, le chimpanzé, l'atèle à face rouge. En 2011, le parc a accueilli ses premiers bonobos. Deux petits y sont nés en 2012. Depuis 2013, c'est le plus grand groupe de bonobos en captivité du monde qui vit ici, dix-sept individus.
Mais le parc ne se limite pas à montrer les singes. Il coordonne des programmes européens de conservation pour les espèces menacées: les singes-araignées à face rouge, les capucins à épaules blanches, les saïmiris du Pérou. Il finance aussi des associations qui travaillent sur le terrain, notamment au Pérou pour sauver le singe titi de San Martin. Chaque année, environ cent mille euros partent ainsi vers la forêt.