C'est à Orvault qu'un des plus vieux chemins de France subsiste, enfoui sous le sol. Au niveau du pont de la Magodière, il y a les vestiges d'une voie datant du néolithique, remise en état à l'époque gallo-romaine. Sur cette ancienne route, quelqu'un a scellé une borne milliaire chrétienne, cet objet de pierre qui marquait les distances entre les villes romaines. L'assemblage des deux, le vestige antique et la croix chrétienne, a reçu un nom plaisant: la Galoche de Gargantua.
Orvault était encore un village rural au début du XXe siècle. Puis Nantes s'est rapprochée. À partir des années 1960, la commune a explosé démographiquement, multipliant sa population par dix en cinquante ans. Mais sous cette urbanisation récente, la terre garde ses traces anciennes. Le château de La Tour, bâti au XIIe siècle et refondu en granit néogothique après 1900, abrite une chapelle du début du XVe siècle. Un vitrail du XVIe siècle y montre le Calvaire et la Déposition de la Croix, commandé par le prévôt de Nantes René Péro et son épouse Jehanne Pastourel, dont les visages y figurent encore. C'est cette superposition qui fait Orvault: des millénaires de tracés souterrains et de pierres, recouverts d'un jour à l'autre par les banlieues modernes.