C'est à Lozay que l'autoroute A10 s'arrête, ou presque. Entre les sorties 33 et 34, une aire de repos s'enfonce dans la commune, et là, en pleine aire de service autoroutière, il y a un jardin de sculpture romane. Pas une décoration de passage. Des sculptures romanes. Elles surgissent au milieu des voitures qui refont le plein, comme si quelqu'un avait décidé de rappeler, à ceux qui roulent vers le sud, qu'il existe une pierre qui a une histoire, une forme, une intention, bien avant les aires d'autoroute.
Le paysage autour raconte pourquoi. Lozay s'étend sur des terres vallonnées où coulent deux rivières, la Trézence et le Bief. C'est le pays des Vals de Saintonge, celui de la pierre et de l'eau, comme on dit ici. Un pays qui a bâti des églises, des châteaux, des forteresses romanes. Ces sculptures ne sont pas tombées du ciel. Elles parlent d'une région qui savait tailler la pierre, qui la travaillait depuis des siècles. Aujourd'hui, tandis que les voitures défilent, elles restent là, silencieuses, un détail qu'on pourrait manquer en descendant prendre un café, mais qui dit quelque chose d'essentiel sur ce coin de Charente-Maritime: même l'autoroute n'a pas effacé la mémoire du travail ancien.