Louhans porte aujourd'hui un nom double, Louhans-Châteaurenaud, depuis le 1er janvier 2026. Mais avant cette fusion, il y avait d'abord un petit village né du commerce du sel.
En 879, le roi des Francs Louis II le Bègue offrit le territoire aux moines de l'abbaye Saint-Philibert de Tournus. Ces religieux virent tout de suite l'intérêt du lieu: une zone marécageuse traversée par la Seille, un affluent de la Saône. Ils y installèrent un port du sel pour taxer les échanges commerciaux du sel comtois qui descendait des montagnes jurassiennes. C'est ce négoce qui transforma Louhans en bourgade commerçante, bien placée sur les grands axes de circulation de la région.
Au XIIIe siècle, le seigneur Henri d'Antigny posséda le château au plus près des remparts et accorda à la ville une charte de franchises en 1269. Elle instaura le marché hebdomadaire du lundi, celui qui existe toujours. La ville devint libre, ceinte de murailles percées de trois portes. Mais cette liberté fut fragile: en 1370, des mercenaires errantes, les Grandes compagnies, la prirent et la brûlèrent. Elle souffrit encore durant tous les conflits qui ravagèrent la Bourgogne à la fin du Moyen Âge.
Ce qui frappe à Louhans, c'est sa rue centrale bordée d'arcades, le cœur du vieux bourg médiéval. Elle raconte cette histoire: une ville née du commerce, fortifiée, pillée, mais qui a tenu bon. Et elle reste tournée vers le monde agricole, notamment l'élevage des volailles de Bresse, dont elle abrite le siège de la confrérie des poulardiers.