Éric Tabarly a passé sa vie à naviguer. Il en a tiré des records, des victoires, et une philosophie de la mer que peu ont partagée. Quand il a disparu en 1998, ses proches ont eu l'idée de lui ériger un mémorial. Pas un monument de pierre: un lieu vivant où continuerait l'aventure qu'il incarnait.
La Cité de la voile Éric-Tabarly a ouvert ses portes en 2008, dix ans après sa mort. Elle occupe l'ancienne base sous-marine de Lorient, sur le site même où plusieurs de ses bateaux, les Pen Duick, ont été construits. L'architecte Jacques Ferrier a dessiné un bâtiment aux lignes marines, qui s'intègre dans ce qu'on appelle le premier Pôle européen de course au large. C'est le seul lieu en Europe entièrement consacré à cette discipline.
À l'intérieur, on ne contemple pas passivement. On manipule, on teste. Des films, des reconstitutions de bateaux, un bassin de voiliers radiocommandés, et un simulateur de dix places où l'on peut vivre l'expérience d'un équipage en pleine course. C'est la voile moderne qu'on apprend ici: ses techniques, sa construction, ses récits. Chaque année, une exposition temporaire vient enrichir le parcours.
Les Pen Duick de Tabarly font toujours escale à Lorient. Plusieurs d'entre eux y sont amarrés, visibles lors de leurs passages au port. Si un jour vous faites halte dans ce centre, vous verrez comment s'est écrite l'histoire de la course au large, et où elle continue de vivre.