Vous êtes aux Mathes.
Une cloche sonne depuis 1789 dans l'église du centre-ville. C'est la seule partie de l'édifice à être classée monument historique, ce pour avoir sonné la révolte en 1789. L'église elle-même, Saint-Cyr-et-Sainte-Julitte, remonte beaucoup plus loin: une charte la mentionne dès 1043. Elle dépendait alors de l'abbaye de Vaux-sur-Mer et gardait un style roman tranquille. Mais aux XVIIe et XIXe siècles, quand la population s'est mise à croître, on l'a transformée. En 1869, l'architecte Bonnet a dressé une flèche néo-romane qui domine toujours le bourg. Trois baies percent l'abside, garnies de vitraux de la fin du XIXe siècle. Cette cloche qui a appelé les gens à la révolte il y a plus de deux siècles continue de sonner sur un édifice qui s'est construit lentement, pierre après pierre, à travers les crises et les transformations de la France.
À La Palmyre, le quartier moderne né dans les années 1960 en bord de mer, une chapelle Notre-Dame attend les fidèles en plein air. Une simple halle de quatre travées, charpente en pin maritime soutenue par des piliers en grès, avec juste une ouverture dans le toit pour éclairer l'autel. Elle repose au creux des dunes, au milieu de la pinède, discrète et singulière.
Claude Caillé a voulu créer un zoo en 1966, et il l'a fait à La Palmyre, entre Royan et l'Île d'Oléron, sur la côte atlantique. Le projet a pris racine dans une presqu'île coincée entre deux forêts domaniales, la Coubre et les Combots d'Ansoine. Le parc s'étend sur 18 hectares aménagés en jardin paysager, et le visiteur y traverse plus de 4 kilomètres de sentiers.
Ce qu'on y voit, c'est plus de 1 500 animaux appartenant à 115 espèces différentes. Le zoo n'est pas une simple collection: il participe à des programmes européens de conservation pour les espèces menacées. C'est un engagement qui le lie à l'Association européenne des zoos et aquariums, et plus largement au réseau mondial.
Le lieu a gardé son caractère familial depuis sa création. Il reste la propriété de la famille Caillé, qui l'a transmis de génération en génération. C'est rare qu'un zoo de cette envergure reste entre les mains d'une même famille pendant plus d'un demi-siècle.
Si vous faites halte dans cette station balnéaire entre la forêt et la côte, le parc se visite sans fatigue: les 4 kilomètres de parcours se font à son rythme, et le jardin paysager invite à flâner entre les enclos plutôt qu'à se presser.