Le Mont-Saint-Michel tire son nom d'un îlot rocheux consacré à l'archange saint Michel, où s'élève une abbaye dont la statue sommitale culmine à cent cinquante-sept mètres au-dessus du rivage. Avant cela, le mont s'appelait simplement mont Tombe.
Aux VIe et VIIe siècles, des ermites y ont édifié deux oratoires, l'un dédié à saint Symphorien, l'autre à saint Étienne. En 708, un oratoire en l'honneur de saint Michel vient les rejoindre. Aubert, évêque d'Avranches, y installe alors une communauté de douze chanoines pour servir le sanctuaire et accueillir les pèlerins. À l'est du rocher, les premiers villageois s'y réfugient pour fuir les raids vikings. Ces habitants étaient les tailleurs de pierre, les maçons, les charpentiers et les laïcs nécessaires à l'édification du sanctuaire et à l'approvisionnement des religieux. Le noyau primitif du village, encore perceptible aujourd'hui, se reconnaît à ses ruelles tortueuses et ses constructions enchevêtrées, notamment autour de l'église paroissiale Saint-Pierre.
À partir de 710, les clercs surnomment le mont « mont Saint-Michel au péril de la mer ». En 933, il passe officiellement sous domination normande. En 966, des bénédictins s'y établissent, remplaçant les chanoines. Un incendie détruit le village et l'abbaye en 992. L'édifice est reconstruit, et au XIe siècle, l'abbatiale romane progresse rapidement, soutenue par les ducs normands qui confient à l'abbaye des terres et des prieurés. L'abbaye devient un centre intellectuel majeur.
Si un jour vous faites halte dans ce coin de Normandie, le Mont-Saint-Michel se visite.