Un château du quinzième siècle, un pigeonnier du seizième qui compte environ deux mille niches, une chapelle néo-gothique: voilà les murs que l'on trouve au Breil-sur-Mérize. Mais ce domaine n'a pas gardé longtemps son allure de demeure aristocratique.
En 1968, l'ancienne propriétaire du château, madame Chaverebière de Sal, a légué l'ensemble de son patrimoine au Secours catholique, avec une condition précise: y développer des œuvres sociales. Six ans plus tard, en 1974, le domaine s'est transformé en parc zoologique. Ce n'était pas une reconversion ordinaire. Le site abrite également un établissement médico-social de travail protégé, où des personnes en situation de handicap peuvent exercer une activité professionnelle.
Aujourd'hui, près de six cents animaux y vivent, répartis en cent vingt espèces: ours, loups, lynx, lémuriens, wallabies, singes. Le parc a même mené un projet remarquable de conservation: l'adoption de quatre jeunes louveteaux femelles pour renforcer une meute de loups blancs dont les effectifs déclinaient. Ces quatre louveteaux, surnommés les « Loupiotes », ont permis de compléter cette meute.
Le perron monumental du château, qui remplace l'ancien pont-levis, domine encore le site. Le pigeonnier monumental reste l'un des plus grands de France. Si un jour vous faites halte dans la région, ce mélange singulier d'histoire féodale et de projet social contemporain se visite.