Lattes doit son nom à un passé d'eau et de marais. Entre Montpellier et la mer, la commune s'étire sur des étangs qui n'ont jamais vraiment quitté le rivage: des lacs séparés de la Méditerranée par une fine bande de sable vierge d'habitations, un lido qui tient bon.
Ces étangs palavasiens, c'est un monde à part. Ils ne sont pas des eaux mortes. Des flamants roses y trouvent refuge, des oiseaux migrateurs s'y posent pour reprendre souffle. Des espèces rares comme la Sterne naine ou la Talève sultane y nichent ou y hivernent. Le lido qui les isole de la mer laisse coexister des habitats que nulle part ailleurs vous ne verriez côte à côte: les dunes, les traces de sel que la tempête rejette, les prairies halophiles que les anciens appelaient sansouires.
Ce patrimoine naturel a été reconnu. L'étang du Méjean, acquis pour être préservé, couvre près de 170 hectares. Les étangs palavasiens eux-mêmes s'étendent sur plus de sept mille hectares et sont protégés par un traité international sur les zones humides. Ils forment un ensemble écologique que l'Europe a intégré à son réseau de sites d'intérêt majeur.
Lattes a grandi autour de ces eaux, passant de quelques centaines d'habitants à plus de dix-sept mille en soixante ans. Mais le lido, lui, est resté intact. C'est là le paradoxe de la commune: une urbanisation rapide qui a épargné l'essentiel, le fragile équilibre des lagunes côtières.