Le nom de Langeais vient de loin. Grégoire de Tours l'appelait Alingavia au IVe siècle, quand Martin de Tours fondait les premières paroisses rurales de Touraine. Le toponyme porte en lui l'histoire de ce pays: soit une racine qui désigne la Loire toute proche, soit un souvenir des peuples celtiques qui l'ont précédé. Le lieu existait avant même d'avoir un nom fixe.
Ce qui frappe aujourd'hui, c'est le château. Construit au XVe siècle, il a accueilli en 1496 le mariage d'Anne de Bretagne avec Louis XII. Ce n'était pas une noce ordinaire: c'est le mariage qui unissait la Bretagne à la France. Le château en garde la trace, classé au titre des monuments historiques depuis 1922.
Autour de lui s'est construit un patrimoine dense. L'église Saint-Jean-Baptiste mêle les siècles, bâtie au XIIe et au XVe, puis retouchée au XIXe. Non loin, on montre la maison de Rabelais, inscrite au titre du patrimoine, où la tradition affirme que l'écrivain aurait habité au XVIe siècle. Une maison d'ailleurs, comme tant d'autres du XVIe siècle qui bordent encore les rues.
Sous Langeais gît aussi une grotte. Le gisement paléolithique de la Roche-Cotard, classé en 2021, renferme un réseau souterrain et une grotte ornée. Elle ramène le regard bien avant le Moyen Âge, jusqu'à des hommes qui gravaient la pierre dans l'obscurité.
Si un jour vous faites halte dans le centre, le château se visite, et l'on peut voir comment ces murs ont tenu debout cinq siècles.