C'est à Landigou que le nom du lieu porte en lui le souvenir d'un homme du Nord. Au XIIe siècle, la région normande était encore peuplée de noms venus de Scandinavie, héritage des Vikings qui s'y étaient installés des générations plus tôt. Landa Ingulfi, c'est ainsi qu'on écrivait alors le nom du bourg: une terre défrichée, une lande mise en culture, associée au nom d'Ingulfr, un vieux patronyme norrois qui s'était normalisé en Ingouf dans la région. Ce type de composition toponymique, où le défrichement s'unit à un nom personnel, était rare en Normandie. Landisacq, tout près, porte la même marque. Ces noms racontent l'histoire des terres gagnées sur la friche, portées par des familles dont les ancêtres venaient de la mer du Nord. Aujourd'hui, Landigou repose à la limite entre deux grands bassins hydrographiques, drainée par la Gine et la Vère, deux rivières qui s'en échappent pour rejoindre d'autres cours d'eau. Mais sous ce paysage d'eau et de verdure, le nom continue de murmurer l'arrivée lointaine d'Ingulfr et la main des défricheurs normands.