Vous êtes en La Meignanne, une ancienne commune où la pierre polie a laissé des traces bien avant que la Normandie ne devienne la Normandie. Il y a dix mille ans, la vallée du Brionneau, ce ruisseau qui traverse le territoire, attirait déjà ceux qui savaient travailler la pierre. Un dolmen en témoigne encore, dressé sur la rive droite du cours d'eau à Fessine, vestige muet de ces premiers habitants.
Quand les Romains sont arrivés, le paysage n'avait guère changé. Les bois couvraient presque tout, et sous cette forêt dormaient des filons de fer. Les Gallo-Romains les ont découverts et se sont mis à les exploiter, tirant parti de ce que la terre offrait. Pendant des siècles, ces gisements de fer ont attiré ceux qui savaient en tirer parti, sculptant lentement l'économie du lieu bien avant que le nom de La Meignanne ne se fixe sur les registres. C'est ce que disent les plus anciennes mentions: Johannes monachus de Magnenia, autour de 1081, une forme latine qui gardera sa trace à travers les siècles, de Magnenia à Meignanne, le nom d'une terre façonnée par la pierre, le fer et l'eau.