La Bouille doit son nom à la boue. Une bouille, c'est un bourbier, un marais, et le village construit en bord de fleuve, soumis aux inondations, devait être effectivement fort boueux, comme l'écrivait Amélie Bosquet en 1855. Ce nom-là, attesté depuis la fin du treizième siècle, a collé au lieu pendant des siècles, et il y est resté.
Sur le toit de la mairie, une girouette tourne au vent. Elle n'a rien d'ordinaire: c'est un verguillon, comme on dit en Normandie, et sa forme rappelle les drakkars des Vikings. Cette girouette vient d'une pratique ancienne, celle des marins nordiques qui en plantaient de semblables sur la proue de leurs bateaux pour indiquer la direction du vent. Le mot lui-même vient du vieux norrois, viðr-viti, qui signifie littéralement « indicateur du vent ». Les Vikings ont laissé leur trace dans le vocabulaire normand, et la mairie de La Bouille en porte le souvenir sur son faîte.
Cette commune s'inscrit sur le chemin du pèlerinage du mont Saint-Michel, l'itinéraire qui vient d'Amiens par Rouen et la forêt de Roumare. Elle abrite une église, Sainte-Madeleine, une chapelle, Saint-Christophe de Maison Brûlée, et un grenier à sel. L'hôtel de ville, édifié en 1933 par l'architecte Roger Pruvost, mêle la fonction de mairie et d'école dans un bâtiment au style néo-normand. En août 1944, La Bouille a été libérée par les Canadiens, marquant la fin de l'occupation.