Giverny porte un nom qui remonte à l'époque gauloise. Le suffixe « -acum » signifie « propriété de », et le premier élément viendrait du nom de personne Gabrinus, lui-même dérivé du mot gaulois gabros, qui veut dire chevreuil ou chèvre. C'est donc une « propriété de Gabrinus » qui a traversé quinze siècles sous des formes diverses: Giverniacum au XIe siècle, puis Giverne, Gyverny, jusqu'au Giverny d'aujourd'hui.
Le village s'est construit autour de son église, placée sous le vocable de sainte Radegonde dès l'époque mérovingienne. Au Moyen Âge, il dépendait de l'abbaye de Saint-Ouen à Rouen, qui percevait ses dîmes dans une grange spécialisée. À la Révolution, c'est la famille Le Lorier qui possédait les terres.
Mais Giverny ne serait rien sans Claude Monet. En 1883, le peintre s'y installe, loue une maison, puis l'achète en 1890. Il transforme le verger en jardin de fleurs et fait creuser en 1893 un bassin aux nénuphars sur un bras de l'Epte. C'est au bord de ce bassin qu'il peindra ses « Nymphéas », les toiles qui le rendront immortel. Monet meurt le 5 décembre 1926 et repose dans le cimetière qui jouxte l'église.
Son installation attire d'autres artistes, notamment des peintres américains. Au début du XXe siècle, la colonie s'épaissit: Frederick Frieseke y travaille, Karl James Anderson y peint ses modèles féminins dans des décors ensoleillés. Giverny devient un lieu où se nouent amitiés et influences, où l'impressionnisme se transmet et se décline.