Égreville porte un nom dont on ne sait pas dire s'il vient d'un homme ou d'un lieu. Ce qui est sûr, c'est que vers 1100, un certain Garmond du Donjon, gouverneur de Château-Landon, y acquit un fief et posa les fondations d'une seigneurie qui allait traverser les siècles. Ses fils, Garmond, Bertrand, Guillaume, étendirent leur domaine entre 1100 et 1140, et la famille s'y enracina si bien qu'elle prit le nom du bourg.
Au XVIe siècle, le fief bascula vers une femme célèbre: la duchesse d'Étampes, favorite de François Ier. Elle le tenait de la fille d'Aymon d'Egreville. À sa mort, le château passa à sa nièce, Jeanne Chabot de Jarnac, épouse du maréchal de La Châtre. Pendant des générations, les héritiers des La Châtre le gardèrent, le château changeant de mains par les alliances et les héritages jusqu'à la Révolution.
Au XIXe siècle, il accueillit des figures du monde des arts: le peintre Berne-Bellecour, puis le compositeur Jules Massenet, qui en devint propriétaire. Plus tard, Rhodia Bourdelle, fille du sculpteur Antoine Bourdelle, et son mari Michel Dufet aménagèrent une propriété qui devint le Musée-jardin Bourdelle.
Aujourd'hui, Égreville garde ses murs médiévaux, son église gothique et son marché couvert. Chaque décembre, la foire à la volaille grasse y ramène une tradition ancienne du Gâtinais. Le bourg reste traversé par les traces de ceux qui l'ont habité, des seigneurs du Donjon aux musiciens du XIXe siècle.