Vous êtes à Dœuil-sur-le-Mignon. Au sud du village, une grande forêt de feuillus s'étend vers Migré. Cette forêt n'est pas née d'hier. Au début du Moyen Âge, elle formait la limite naturelle entre deux provinces rivales, le Poitou et la Saintonge, s'étendant de la forêt de Benon à celle d'Aulnay. Les moines du Moyen Âge l'ont attaquée. Ils ont créé le petit village de la Ville-aux-Moines au cœur même de ce massif, le défrichant intensivement pour y implanter leurs terres. Le nom du hameau garde la trace de ce travail de défrichement. Aujourd'hui, cette forêt subsiste comme une relique de l'antique forêt d'Argenson, ce qui en fait un vestige de la frontière que les provinces ont cessé de respecter depuis longtemps. Plus ancien encore, le tumulus des Brandes, qui s'étend sur cent trente mètres de long et vingt-cinq de large, le plus long du département, repose au nord du village. Son époque reste indéterminée, mais il pourrait remonter au Néolithique, comme tant d'autres tumuli de la région. Entre cette sépulture préhistorique et la forêt médiévale, Dœuil-sur-le-Mignon porte les strates d'une très longue occupation humaine.