Douai porte un nom dont l'histoire se perd dans le brouillard des siècles. Les chartes médiévales l'attestent d'abord sous la forme latine Duacum, puis il devient peu à peu Duai, Doai, avant de se fixer en Douai à partir de 1223. L'étymologie reste obscure, mais les savants soupçonnent une racine gauloise, le suffixe -acum marquant autrefois la propriété ou la localisation. Un personnage gaulois appelé Dous aurait pu laisser son nom au lieu, qui se serait perpétué à travers mille ans de transformations phonétiques et d'écritures rivales, du latin au français, du français au néerlandais.
Ce qui frappe aujourd'hui, c'est que Douai existe toujours là où ce nom ancien l'a fixée. Au cours de son histoire, elle a basculé entre trois maîtres: le royaume de France, puis les Pays-Bas espagnols, puis les Pays-Bas méridionaux, avant de revenir à la France. Ces changements de souveraineté ont marqué la ville, mais elle a survécu à tous, conservant son identité sous des drapeaux qui passaient.
Douai s'est depuis inscrite dans une géographie urbaine nouvelle. Elle forme avec ses voisines du nord une agglomération dense, liée aux anciens puits de charbon qui ont façonné toute une région. Aujourd'hui, elle reste une ville de passage et d'ancrage, entre l'histoire médiévale de son nom et les enjeux contemporains d'une métropole du Nord.