Dommartin-le-Franc porte un nom qui raconte son histoire. C'est un hagiotoponyme, c'est-à-dire un nom bâti sur celui d'un saint. Saint Martin, un ancien soldat romain devenu évêque, a répandu le christianisme dans les campagnes de la Gaule romaine, et son culte s'est attaché à tant de villages qu'on en compte des centaines. Mais ce qui distingue Dommartin-le-Franc, c'est ce qui l'a rendue vivante depuis le XVe siècle: la métallurgie.
L'église paroissiale Saint-Martin elle-même porte les traces de cette vie. Sa nef remonte au XIe siècle, mais au XVIe siècle, quand l'activité métallurgique s'intensifie, on lui ajoute des éléments: un lavabo gravé en 1546, une porte percée en 1559 dans le flanc nord, et le clocher est peut-être rehaussé à la même époque. C'est comme si le bâtiment suivait le rythme de la prospérité du lieu.
Cette activité métallurgique n'a jamais disparu. Deux fonderies anciennes subsistent encore. L'usine du bas, anciennement Fonderie d'art de Dommartin-le-Franc, est en cours de rénovation. L'usine du haut conserve son haut-fourneau du XIXe siècle, avec sa roue à aubes, sa soufflerie, son chantier de coulée. Elle s'est transformée en centre d'interprétation, Metallurgic Park, où se raconte l'histoire de la fonte d'art en Haute-Marne. Cinq siècles de travail du métal, du four à la pièce coulée, restent lisibles sur place.