Dives-sur-Mer doit son nom à la clarté de son eau. Le fleuve qui s'y jette s'appelle la Dives, un hydronyme hérité du gaulois et du latin, tous deux désignant la lumière. La mer a été ajoutée au nom en 1897, mais le lien avec l'eau remonte bien plus loin.
À l'époque romaine, son port était déjà d'importance. En 858, les Vikings remontaient le fleuve pour piller Chartres. Puis vint 1001, année où un christ miraculeux fut pêché en mer. L'église devint un lieu de pèlerinage, le Christ Saint-Sauveur, jusqu'aux guerres de Religion qui le brûlèrent en 1562.
Mais c'est 1066 qui a gravé Dives dans l'histoire. Guillaume le Bâtard y rassembla sa flotte avant la conquête de l'Angleterre. L'estuaire, protégé par des barres sableuses, offrait un mouillage sûr. Il y établit mille navires et quinze mille hommes, dont deux à trois mille cavaliers. De là, il attendit les vents favorables du 12 août au 27 septembre. L'impatience le poussa finalement à remonter plus au nord, vers Saint-Valery-sur-Somme. Devenu roi d'Angleterre, Guillaume fit embellir l'église de Dives. Elle conserve deux chapiteaux romans du XIe siècle, ornés d'entrelacs, témoins de cette époque. Une plaque intérieure porte les noms de ses compagnons.
Aux XIVe et XVe siècles, l'église s'agrandit au style gothique. Les halles médiévales datent de cette période. Dives devint un relais de poste entre Caen et Rouen, accueillant des célébrités dès le XVIe siècle. Si un jour vous faites halte dans le centre, l'église se visite, gardienne de ces pierres normandes.