Le nom de Combourg a changé mille fois avant de s'arrêter là. Au onzième siècle, on écrivait Comburn. Deux siècles plus tard, Combor, Comborn, Comburno. Les scribes hésitaient, les consonnes se perdaient, les voyelles se transformaient. Jusqu'au moment où le mot français « bourg » a rattrapé ce qui restait du nom ancien. Combour et bourg ont fini par sonner pareil, et quelqu'un a écrit un g à la fin pour clarifier. Voilà comment Combourg s'est cristallisé.
Mais d'où venait ce nom originel? Les savants ne s'accordent pas. Peut-être d'une femme germanique, Humburg. Peut-être du latin combourir, brûler, puisqu'on parlait autrefois de brûlis et d'incendies. Peut-être du brittonique, ce vieux langage qui s'accrochait à la Bretagne: camm signifie courbé, tortueux, et le mot aurait décrit une pente arrondie, une côte qui serpente.
Ce qu'on sait, c'est que la terre elle-même a gardé mémoire. Sur le territoire de Combourg, les noms des hameaux et des champs racontent deux histoires entrecroisées. La plupart parlent roman, la langue des envahisseurs du sud. Mais quinze pour cent d'entre eux restent en breton pur, ces mots qui remontent à l'époque où le breton était la seule langue qu'on parlait ici. Le Loup Pendu, la Rouérie, la Ville Guillaume: ces noms portent encore la trace des deux mondes qui se sont rencontrés et mêlés sur cette terre.