À Colombey-les-Deux-Églises, le Mémorial Charles-de-Gaulle s'élève au pied d'une croix de Lorraine en béton armé de quarante-quatre mètres de haut. Cette croix elle-même raconte une histoire. Après la mort du Général en novembre 1970, un comité national décide d'ériger un monument symbole de la France libre. Une souscription est lancée, et le pays répond: des fonds arrivent de plus de soixante-sept pays. On collecte assez pour construire la croix, acquérir trente-cinq hectares de terrain et y planter mille cèdres du Liban, offerts par le Liban en personne. La croix est inaugurée le 18 juin 1972, jour anniversaire de l'appel du 18 juin.
Cinquante ans plus tard, un nouveau bâtiment vient la rejoindre. Conçu comme un prolongement de la nature, avec une toiture végétale, il s'enfonce au pied du monument. À l'intérieur, trois ailes: au centre une exposition permanente qui se déploie sur trois niveaux, à gauche les services publics, à droite un auditorium. L'exposition n'est pas un musée au sens classique: aucun objet ayant appartenu au Général n'y est présenté. C'est plutôt un centre d'interprétation historique où les visiteurs entrent dans des tranchées reconstituées, revivent les batailles du désert nord-africain, écoutent les archives sonores et les chansons de l'époque. Un sillon traverse l'étage supérieur, symbolisant l'ancrage du Général à la terre de France.
Si un jour vous faites halte à Colombey, ce mémorial se visite.