Cognac porte un nom qui traverse les siècles sans qu'on sache vraiment d'où il vient. Les chartes du Moyen Âge l'écrivent Comniaco, puis Conniaco, puis Compniacum, comme s'il se cherchait. L'explication la plus probable remonte à l'Antiquité: un domaine ayant appartenu à une famille gallo-romaine nommée Connius, auquel on aurait ajouté le suffixe -acum qui désignait une propriété. Mais il existe une autre piste, plus énigmatique. Cognac se dresse au confluent de la Charente et de l'Antenne. Or, dans l'ancien langage celtique, Condate était le mot pour dire précisément cela: une confluence. Le nom pourrait donc être bien plus ancien qu'on ne le croit, gravé dans le paysage lui-même.
Ce qui est certain, c'est que les Romains ont vu ce site. Leurs traces sont partout: une villa à Chatenay avec un quai aménagé au bord du fleuve, des vestiges le long du canal Jean-Simon, près de la fontaine Saint-Martin. Mais le plus frappant, c'est la villa de la Haute-Sarrasine, sur la rive droite. Elle s'étendait sur plus de quatre-vingts mètres, exploitée du IIe au IIIe siècle. On y a découvert une dizaine de bassins. Leur fonction reste énigmatique: agriculture, viticulture, artisanat? Nul ne le sait. Cognac garde ce secret enfoui.