Clisson porte un nom qui cache une énigme. Les plus vieilles formes écrites, Clizun et Clicio, remontent au XIe siècle, mais l'étymologie se perd. Était-ce une clôture de pieux entrecroisés, un enclos gaulois? Ou bien « la forteresse des glaives », comme le suggère un ancien mot celtique? Peut-être simplement le nom d'un homme, Cliccius, qui vivait là. Nul ne sait.
Ce qui est sûr, c'est que Clisson s'est construit autour de son château, dressé sur un éperon rocheux au-dessus de la Sèvre. Au XIIe siècle, ce château devient la clé de voûte de la défense des marches de Bretagne, face aux menaces du Poitou et de l'Anjou. Pendant la guerre de Succession de Bretagne, puis la guerre de Cent Ans, le château passe de main en main. Olivier V de Clisson, qui en héritera, devient l'un des plus grands connétables de France, connu pour ses retournements d'alliance autant que pour sa bravoure. Sa fille Marguerite, dite Margot, tendra un piège au duc Jean V en 1420 et le fera prisonnier au château de Champtoceaux. Elle perdra ses terres, et Clisson passera sous le contrôle direct de la maison ducale.
Mais Clisson l'italienne date d'après. Au début du XIXe siècle, François-Frédéric Lemot, un artiste, compose le paysage urbain en s'inspirant des villages ruraux d'Italie centrale, d'Ombrie, du Latium, de Toscane. Cette architecture italianisante transforme la ville en quelque chose d'inattendu: une fenêtre sur l'Italie plantée dans l'Ouest français. Si un jour vous faites halte à Clisson, c'est cette superposition qui frappe: le château médiéval et la rêverie italienne, coexistant sur les rives de la Sèvre.