Le parc zoologique de Clères n'est pas né d'une passion pour les animaux exotiques, mais d'une confiscation révolutionnaire qui a changé de mains plusieurs fois avant de trouver son destin.
En 1794, le château et son domaine appartenaient à Armand-Louis-François-Edmé de Béthune, qui fut guillotiné. Le bien confisqué revint à son père, le duc de Charost, qui le légua à sa seconde épouse. Après des décennies de procès entre héritiers rivaux, le domaine finit entre les mains de la famille de Béarn. Au milieu du XIXe siècle, le comte de Béarn le réaménagea entièrement: fossé comblé, parc à l'anglaise dessiné, château restauré par l'architecte parisien Henri Parent avec tous les équipements modernes de l'époque, salles de bains et eau courante à chaque étage.
En 1919, l'ornithologue Jean Delacour acheta le domaine pour y concrétiser sa passion. Il peupla le parc d'animaux ramenés de ses voyages en Amérique du Sud, en Afrique et en Asie. L'endroit ouvrit au public en 1930 et devint une attraction. Deux incendies ravagèrent le château en 1939, puis la guerre ferma le parc. À la Libération, Delacour reconstitua les collections en important des animaux des États-Unis.
Aujourd'hui, le parc abrite des gibbons et des makis en semi-liberté sur des îles, des pélicans frisés menacés d'extinction depuis 2010, des pandas roux depuis 2019, et des hapalémurs en danger critique. Parmi les arbres du parc, des séquoias géants et des ginkgos biloba côtoient les ruines du château médiéval et le manoir du XVIe siècle. Si un jour vous faites halte à Clères, le parc se visite.