Château-Gontier porte un nom qui remonte à mille ans. En 1007, le comte Foulque Nerra y établit un château pour tenir ses terres d'Anjou. Il confie la garde de cette forteresse à l'un de ses officiers, un homme nommé Gontier. Trente ans plus tard, en 1037, les textes l'appellent déjà Castrum Gunterii, le château de Gontier. Le nom a tenu.
Ce qui frappe, c'est que cette ville de mille ans a failli disparaître sous un autre nom. Pendant la Révolution, elle s'appelait Mont-Hardi. Mais le temps a fait son œuvre: Château-Gontier a repris le dessus.
Au XIXe siècle, un médecin nommé Henri-Louis Bayard a rêvé d'en faire une ville thermale. Les eaux étaient connues depuis le XVIIe siècle. Il a lancé son grand projet: créer un établissement thermal, attirer les curistes. Aujourd'hui, ce rêve a disparu, mais il en reste une trace curieuse: les maisons de style balnéaire alignées rue des Roses, témoins d'une ambition qui n'a pas abouti.
L'histoire politique y a aussi laissé sa marque. En 1848, quand la République s'est proclamée, c'est sur la Place d'Armes de Château-Gontier qu'Émile Jamet en a porté la parole devant la Garde Nationale. Vingt-deux ans plus tard, le général Cathelineau y établissait son quartier général pendant la guerre de 1870.
Aujourd'hui, la ville s'appelle Château-Gontier-sur-Mayenne depuis 2019, après sa fusion avec les communes voisines. Elle a célébré son millénaire en 2007.