Vous voilà à Carquefou. À partir du XVIe siècle, les notables nantais ont commencé à s'y construire des manoirs, fuyant la ville pour la campagne. Ils ont choisi ce coin de la vallée de l'Erdre parce que l'eau y coulait tranquille, que la terre était bonne, et que Nantes restait assez proche pour qu'on y revienne quand il le fallait. Pendant quatre siècles, Carquefou a gardé ce rythme: des terres, des bois, des demeures dispersées entre les champs, une vie rurale qui ne s'était presque pas transformée.
Puis, au milieu du XXe siècle, tout a basculé. Nantes s'est mise à s'étendre, et dans les années 1960, une zone industrielle s'est implantée ici. Usines, entrepôts, routes larges: le paysage s'est brutalement modernisé. Mais contrairement à tant d'autres communes autour des grandes villes, Carquefou n'a pas disparu sous les pavillons. Elle a accueilli les entreprises, oui, mais elle a refusé la submersion immobilière. L'activité rurale a continué d'y vivre. Aujourd'hui encore, l'Erdre la traverse, les manoirs des notables restent debout, et la campagne tient bon à côté des bâtiments industriels. Une commune qui a su dire non à la ville sans pour autant lui tourner le dos.