Bourg-en-Bresse porte un nom qui s'est écrit de cent façons avant de devenir le sien. En 1187, c'était Burgo. Puis Burgo in Bressia, Bore, Bourg en Breysse, chaque siècle ajoutait ou retranchait une lettre, comme si le lieu cherchait son identité. À la Révolution, on l'a rebaptisé Bourg-Régénéré, puis Épi-d'Or, puis Épi-d'Ain, tant on voulait effacer l'Ancien régime jusque dans les noms de rue. Ce n'est qu'en 1955, par décret, qu'on lui a officiellement accolé « en-Bresse » bien que certains l'appelaient déjà ainsi depuis des siècles.
Ce qui frappe, c'est que le nom vient du francoprovençal bressan: bôrg, « bourg ». Un mot simple, francisé, qui a perdu son g au fil du temps. Aujourd'hui, on dit Bourkanbress, abrégé en Bourk. Le s'est assourdi en , et la prononciation a suivi.
Sous ces couches de noms, il y a une ville née tardivement. Des traces gauloises existent, et des fragments antiques, monnaies, débris, montrent qu'on habitait déjà le secteur. Le premier noyau était à Brou, autour d'un sanctuaire gaulois. Mais Bourg lui-même n'apparaît dans les textes qu'au XIe siècle, et longtemps encore c'est juste un village sans rang. C'est un lieu qui s'est construit lentement, en marge, avant de devenir ce qu'il est.