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Béziers

Ce que Vonadio raconte en passant à Béziers.
Histoire

Béziers

Béziers porte un nom qui vient de loin. Avant d'être Béziers, la ville s'appelait Baeterrae en latin, un mot d'origine ibère dont le sens exact se perd dans la nuit des temps. Les savants en débattent encore: pour les uns, c'est « le bourg de la route »; pour les autres, « le pays des cours d'eau », en référence à l'Orb qui coule à ses pieds. Le radical lui-même pourrait venir d'une racine très ancienne signifiant « clair, lumineux ».

Ce qui est certain, c'est que Béziers est vieille. Très vieille. Avant même que les Grecs ne la fondent au VIIe siècle avant notre ère, des hommes vivaient sur sa colline. On y a trouvé des outils du Paléolithique, des traces du Néolithique, des occupations de l'âge du bronze. Mais c'est vers 625 avant notre ère que la vraie ville naît, bâtie sur la colline Saint-Jacques. Elle devient alors l'un des grands oppida de la Méditerranée antique, gouvernée par les Elisyques. Les fouilles y ont révélé des ateliers de potiers, des tuiles de style corinthien dès le Ve siècle, une architecture qui respire l'influence grecque. Pendant des siècles, Béziers rayonne, tissant des liens étroits avec Marseille.

Puis, au IIIe siècle avant notre ère, quelque chose se brise. La ville se vide ou rétrécit, nul ne sait bien. Elle renaît plus tard sous une population volque, sur les ruines de l'ancienne. Aujourd'hui, son nom occitan Besièrs garde la trace de tous ces siècles, transformé au fil du temps en Béziers, et les habitants s'appellent encore Biterroises et Biterrois, du vieux nom latin Baeterrae.

Histoire

Écluses de Fonseranes

À Béziers, le canal du Midi bute sur un obstacle qui n'a pas de solution simple: une dénivellation de vingt et un mètres et demi. Plutôt que de contourner, les ingénieurs ont imaginé un escalier d'eau. Neuf portes et huit bassins de forme ovoïde s'étagent sur trois cent douze mètres, permettant aux bateaux de monter ou descendre cette falaise liquide étape par étape.

Ces écluses de Fonseranes datent de l'époque où le canal du Midi lui-même venait de naître. C'est une prouesse de génie civil qui saisit encore aujourd'hui: chaque bassin doit se remplir et se vider avec précision, chaque bateau doit franchir cette succession de serrures sans jamais se coincer. Longtemps, c'est ici qu'on servait à manger aux bateliers et à leurs passagers, dans une maison appelée le coche d'eau. Elle existe toujours.

Le tracé a changé une fois. En 1858, on a construit un pont-canal qui enjambe l'Orb, et dès lors les deux dernières écluses n'ont plus servi. Depuis, seules six d'entre elles fonctionnent encore, mais l'ensemble reste là, pierre et eau, témoignage de cette époque où faire passer un bateau d'une rive à l'autre relevait de l'ingénierie.

Le site a été entièrement réaménagé entre 2016 et 2017. La vieille maison du coche d'eau a été restaurée à l'identique et abrite désormais un office de tourisme, tandis qu'un restaurant panoramique en forme de proue s'est greffé à ses côtés. Les visiteurs peuvent désormais descendre par un chemin protégé, s'asseoir à l'ombre et regarder les manœuvres toujours délicates des péniches qui franchissent ce qui reste l'un des passages les plus complexes du canal.

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