Beuvron-en-Auge doit son nom à un cours d'eau aujourd'hui disparu. Ce petit ruisseau s'appelait le Doigt, et son nom ancien, attesté au XIe siècle, provient du mot gaulois pour castor: biber. Un castor qui a laissé sa trace dans la toponymie du lieu, même longtemps après son oubli.
Le village s'est construit autour d'une baronnie que la famille d'Harcourt a transformée en comté, puis en marquisat. Ces seigneurs ont fourni à la France des militaires de premier plan, dont un maréchal. Le dernier d'entre eux reçut de Louis XVI le titre de duc, une reconnaissance tardive pour une lignée qui avait dominé le pays d'Auge pendant des siècles. Du château ducal, il ne reste aujourd'hui que des ruines et un tertre.
C'est à la fin du XIXe siècle que le chemin de fer a transformé le bourg. Une gare s'est ouverte en 1879 sur la ligne reliant Mézidon à Dives-Cabourg, prolongée jusqu'à Trouville-Deauville cinq ans plus tard. Ce lien avec la côte ne dura guère: la ligne ferma au trafic voyageur en 1938, puis au fret en 1969.
Le village conserve les traces de cette histoire superposée. Des manoirs des XVe et XVIIIe siècles côtoient des maisons à pans de bois, une ancienne auberge de la Boule d'Or, et des halles restaurées avec des matériaux anciens. Une motte féodale entourée de sa double circonvallation rappelle les fortifications du Moyen Âge. Si un jour vous faites halte dans le centre, ces façades à colombages racontent à elles seules plusieurs siècles de continuité.