Beaune porte un nom qui remonte aux dieux gaulois. Sur une monnaie mérovingienne, on trouve gravé Beleno Cas, la forteresse du dieu Belenos. Ce dieu gaulois était celui des eaux vives, et la ville s'est d'abord construite autour de sa source, avant que le nom n'évolue jusqu'à devenir Beaune. Il y a plus de treize siècles, elle était déjà là.
Mais ce qui a vraiment façonné la ville, c'est un acte de charité du quinzième siècle. Nicolas Rolin était chancelier du duc de Bourgogne. Veuf, il se remarie en 1421 avec Guigone de Salins, une femme de la noblesse comtoise. Ensemble, ils décident de fonder les Hospices de Beaune en 1443, un établissement destiné à accueillir les pauvres et les malades. Rolin ne s'arrête pas là: il crée en 1452 un nouvel ordre religieux, les sœurs hospitalières de Beaune, pour servir dans ces hospices.
Pour orner ce lieu, Rolin commande un polyptyque au peintre flamand Rogier van der Weyden. C'est le Jugement dernier, une œuvre qui demeure aux hospices. La fondation que Rolin et son épouse ont établie il y a cinq siècles continue d'exister. Beaune s'est construite autour de cette source sacrée du dieu Belenos, puis autour de cette maison de miséricorde. La ville que vous découvrirez en chemin porte encore ces deux histoires dans ses pierres.