L'abbaye Saint-Étienne de Bassac a connu une histoire en zigzag: fondée en 1002 par un couple de nobles de retour de Rome, elle n'a cessé d'être pillée, reconstruite, puis pillée à nouveau.
Wardrade Lorichès et sa femme Rixendis ont donné à la nouvelle abbaye bénédictine leurs forêts, leurs terres, leurs moulins. Le premier abbé, Aymard, y amena vingt moines de l'abbaye Saint-Cybard. Consacrée en 1015, elle devint un monastère prospère.
Puis vinrent les coups. Pendant la guerre de Cent Ans, le comte de Derby la saccagea. Les moines, en réponse, percèrent les murs des bâtiments de meurtrières pour la transformer en forteresse. Elle fut pillée à nouveau en 1346, puis en 1434, puis en 1564 par les protestants, puis assiégée par les catholiques en 1569. À chaque fois, elle se relevait.
En 1636, quand on y jeta un regard, l'abbatiale n'avait plus ni porte ni charpente. Deux travées de voûtes s'étaient effondrées. On ne disait la messe que dans une chapelle latérale. Mais en 1666, l'abbaye fut rattachée à la nouvelle congrégation bénédictine de Saint-Maur. Les travaux commencèrent en 1677. L'église fut à nouveau voûtée, les bâtiments reconstruits. Autour de 1700, le sanctuaire fut réaménagé, les stalles réalisées.
La Révolution chassa les moines. L'abbatiale devint église paroissiale, et une phrase de Robespierre fut gravée sur sa façade romane.
Aujourd'hui, si vous faites halte dans le centre de Bassac, l'abbaye se visite. Elle porte sur elle les traces de ses ruines et de ses renaissances.