En 1830, Barbizon n'était qu'un hameau de bûcherons perdu à la lisière de la forêt de Fontainebleau. L'auberge Ganne y ouvre ses portes à des peintres en quête de nature vierge, et peu à peu le lieu devient leur rendez-vous de printemps. Ils viennent peindre sur le motif, chercher l'inspiration dans la campagne et sous les arbres, loin des ateliers parisiens.
À partir des années 1850, le chemin de fer raccourcit le voyage jusqu'à Melun ou Fontainebleau. Puis, à la fin du siècle, un tramway depuis Melun amène directement les visiteurs à Barbizon. L'auberge Ganne fait peintre ses murs par les artistes eux-mêmes, et bientôt l'hôtel Siron ouvre une salle d'exposition pour leurs œuvres. Des peintres venus de toute l'Europe, de Russie, des États-Unis s'y pressent. Robert Louis Stevenson y séjourne, aux côtés de musiciens et d'écrivains. Ces artistes étrangers repartent chez eux en ambassadeurs du lieu: en Allemagne, aux Pays-Bas, aux États-Unis, ils racontent Barbizon.
Corot, Millet, Théodore Rousseau, Daubigny donnent au hameau une réputation mondiale. Après 1875, la jeune génération, Monet, Renoir, Sisley, vient marcher sur leurs pas. Ce n'est qu'en 1890, avec la parution d'un livre à Londres, que le nom d'école de Barbizon est officiellement donné à ce groupe de peintres.
Pendant ce temps, le hameau se transforme. Hôtels et restaurants se multiplient, les touristes affluent. Barbizon prospère si bien qu'en 1903, il se sépare administrativement de Chailly-en-Bière, son ancien bourg-mère. Le village de peintres devient commune à part entière.