Balleroy porte un nom qui remonte aux seigneurs gaulois. Balaros, c'est d'où vient ce « Balaré » qu'on lit dans les chartes du XIIe siècle. Mais ce qui frappe aujourd'hui, c'est moins l'étymologie que ce que François Mansart en a fait au XVIIe siècle.
Jean de Choisy, conseiller du roi, avait racheté la seigneurie en 1600. Son fils, intendant de Metz et chevalier du roi, voulut plus: il confia à Mansart la construction d'un château et d'une église neufs, puis il força les habitants à bâtir leurs maisons autour, le long d'une grande place qu'il avait tracée près du château. Le village entier s'est organisé selon ce plan. L'église Saint-Martin, que Mansart a conçue, reste classée depuis 1951. Le château lui-même, avec ses façades de pierre blanche et ses jardins à la française, porte la signature du même architecte.
Cette ordonnance ne venait pas du hasard. En 1634, le seigneur obtint le droit d'établir un marché chaque mardi et deux foires par an. Balleroy n'était plus un simple domaine: c'était devenu un bourg organisé, pensé comme un tout. Deux siècles plus tard, en 1704, la terre devint marquisat. Le château resta aux mains de la même famille jusqu'en 1970.
Aujourd'hui, si un jour vous faites halte dans le centre, les perspectives de Mansart se lisent encore dans l'alignement des maisons et dans ce rapport du bâti au château, qui commande l'espace. L'édifice lui-même se visite; les anciennes écuries abritent un musée des montgolfières.