Aubeterre-sur-Dronne doit son nom à la craie blanche qui affleure sur la colline où elle s'élève. Au XIIe siècle, Pierre de Castillon, revenu de croisade, fit creuser l'église Saint-Jean directement dans le roc, transformant la colline elle-même en sanctuaire. Au-dessus, le château fort des seigneurs d'Aubeterre dominait le site, bâti sur cette même roche de craie à pic.
Ce qui rend le lieu remarquable, c'est son histoire de carrefour. Aux XIIe et XIIIe siècles, Aubeterre se trouvait sur une branche nord-sud du chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle. Les pèlerins qui se rendaient en Galice passaient par ici, depuis Angoulême, avant de continuer vers le sud. La châtellenie était prospère, commandée par des seigneurs dont le premier connu, Géraud, gouvernait déjà au début du XIe siècle.
Mais la prospérité ne dura pas sans fractures. Pendant la guerre de Cent Ans, Aubeterre changea sept fois de mains entre les Français et les Anglais entre 1356 et 1412. Puis vinrent les guerres de religion. Le vicomte François Bouchard embrassa le protestantisme avec ardeur, au point que l'assassin du duc de Guise aurait été l'un de ses pages. Il s'enfuit à Genève, et Aubeterre fut prise par le duc d'Anjou.
C'est François d'Esparbès de Lussan, qui devint vicomte par mariage en 1597, qui redonna au lieu sa stabilité. Fidèle compagnon d'Henri IV, il reconstruisit le château et fit ériger Aubeterre en marquisat. Il y mourut en 1628, après avoir servi la France comme maréchal. Le château et l'église monolithe subsistent, témoins de ces siècles de guerres et de reconstructions.