Vous entrez à Angers, une ville née d'un point de convergence. Pas seulement une croisée de routes, mais l'endroit où trois mondes se rencontrent : la géologie, l'eau et la politique. La Maine coule ici, et c'est à ce niveau du fleuve que la région bascule. Au XIIe siècle, c'est cette position qui a permis à une famille de comtes de l'Anjou d'asseoir leur pouvoir. Leurs descendants conquirent l'Angleterre. Ils s'appelaient les Plantagenêts, et pendant deux siècles, ils ont régné de chaque côté de la Manche. Angers était le cœur de cet empire anglo-angevin, avant que les guerres ne le démembrent.
Quatre siècles plus tard, au XVe siècle, la ville connaît une seconde vie. Le roi René y établit sa cour. Angers devient alors un centre intellectuel majeur de l'Europe, un foyer d'arts et de culture. Mais ce qui distingue vraiment Angers au XIXe siècle, c'est son passage du pouvoir politique au pouvoir du vivant. La ville s'est spécialisée dans l'horticulture. Les pépinières, les fleurs, les plantes : c'est devenu son métier. Aujourd'hui encore, elle abrite le premier pôle de compétitivité horticole d'Europe. Une ville qui a changé de règne, du politique au végétal.